L’école jusqu’à 18 ans ou jusqu’à l’obtention d’un diplôme ? Une table ronde

Événements  |  14 novembre 2016

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La Table ronde, organisée par le Conseil des diplômés de l’UQAM, en collaboration avec l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec (OCCOQ), tenue le 7 novembre 2016, dans le cadre de la 12e Semaine québécoise de l’orientation, a suscité l’intérêt. Plus de 80 personnes y étaient inscrites. La question en débat, animé par la journaliste Josée Boileau, était : L’école jusqu’à 18 ans ou jusqu’à l’obtention d’un diplôme ? Les experts invités à débattre étaient la présidente de l’Ordre, Mme Josée Landry, c.o., et les professeurs de l’UQAM, Pierre Fortin, (économie), Pierre Doray, (sociologie) et Louis Cournoyer (développement de carrière). Mme Landry a annoncé ses couleurs d’entrée de jeu : « en se basant sur notre rôle social, visant à ce que chaque personne trouve sa place dans le respect de ses besoins et de sa réalité, nous questionnons la pertinence d’une telle mesure en lien avec l’objectif visé, augmenter la persévérance scolaire».

Au départ, chacun devait transmettre un point de vue en 4 minutes. M. Pierre Fortin s’est prononcé pour l’école jusqu’à 18 ans ou jusqu’à l’obtention d’un diplôme. Il s’est dit inquiet des jeunes qui quittent l’école en secondaire, 111 par exemple, en misant sur un retour à l’école par le chemin de l’éducation des adultes, en pensant que ce sera plus facile.  Le risque, selon lui, c’est que plusieurs jeunes, après avoir abandonné ne reviennent pas au bout de la ligne.

Mme Landry a soutenu qu’aucune étude sur l’implantation de cette mesure, au Canada et à l’étranger, ne conclut que l’augmentation de la durée de la scolarité obligatoire est, à elle seule, une solution pour augmenter la persévérance scolaire. Par exemple, en Ontario on a allongé l’école jusqu’à 18 ans et on a fait un investissement important dans les ressources pour soutenir les jeunes. Pour Mme Landry, allonger l’école pour les jeunes à risque de décrocher – qui y sont déjà malheureux, surtout que plusieurs de ces derniers peuvent être aux prises avec des problèmes multiples (apprentissage, TDAH, etc.) – sans y ajouter de ressources, pourraient être néfaste pour l’estime d’eux-mêmes, car ce sont des jeunes qui accumulent déjà les échecs.

Le point de vue du professeur Louis Cournoyer, c.o., a également été éclairant. Il a su bien présenter la question de la construction identitaire du jeune et a plaidé pour l’intégration de projets qui permettent aux jeunes de se découvrir et d’avancer dans la connaissance qu’ils ont d’eux-mêmes.