L’OCCOQ participe au Forum Jeunes et santé mentale

Nouvelles  |  14 mai 2019

Le 13 mai 2019, de nombreux acteurs du réseau élargi de la santé et des services sociaux du Québec se sont réunis à Québec pour le Forum Jeunes et santé mentale. Au nombre des personnes invitées à participer à cette démarche de consultation par le ministère de la Santé et des Services sociaux – dont les représentants des médias ne faisaient pas partie – se retrouvait la présidente de l’OCCOQ, Mme Josée Landry, c.o.

Repenser l’offre de soins et de services en santé mentale jeunesse

Différents ateliers étaient prévus au programme de la journée afin de repenser l’offre de soins et de services intégrés pour répondre adéquatement aux besoins et aux préoccupations des jeunes et de leur entourage. Ainsi, la présidente de l’Ordre s’est jointe aux discussions réunissant des experts, des intervenants issus des réseaux institutionnel et communautaire ainsi que des jeunes et leurs proches. À noter que tous les citoyens sont aussi invités à contribuer à cette démarche en participant à la Consultation en ligne sur l’organisation des services de santé mentale pour les jeunes (date limite : 21 juin 2019, 17 h).

Investissements et nouveaux projets 

En conclusion du Forum, la ministre de la Santé et des Services sociaux, madame Danielle McCann, et le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, monsieur Lionel Carmant, ont annoncé deux projets structurants qui auront pour effet immédiat d’améliorer les soins et les services en santé mentale pour les jeunes. Ces projets représenteront au total des investissements de 40 M$ : un premier investissement de 20 M$ sera consacré à l’élimination des listes d’attente en santé mentale ; et des investissements récurrents de 20 M$ serviront à assurer la pérennité du projet Aire ouverte, un réseau de services intégrés et adaptés aux besoins des jeunes âgés de 12 à 25 ans, et à permettre son déploiement dans quatre nouvelles régions, dès cet automne.

Modèle de soins par étapes

Ces investissements impliquent le déploiement d’un modèle de soins par étapes, dont la ministre s’est engagée à compléter au printemps 2020. Une stratégie que laisse peut-être présager de l’arrivée du Programme québécois de psychothérapie pour les troubles mentaux (accès gratuit aux services de psychothérapie). De plus, la ministre a souligné que le programme Premier épisode psychotique (PEP) sera réimplanté et que des cliniques seront déployées à l’ensemble du Québec, sans toutefois donner plus de détails à ce sujet.

Vers le Plan d’action en santé mentale 2020-2025

Rappelons que le Forum Jeunes et santé mentale s’inscrivait « dans une démarche de consultation plus globale qui visera, à terme, à identifier les besoins et les actions qui guideront l’élaboration d’un prochain plan d’action en santé mentale ». Un second Forum sera organisé par le ministère à l’automne prochain et portera sur la santé mentale des adultes et des aînés, encore une fois dans une perspective d’amélioration des services. Par conséquent, la participation de Mme Landry à ces premières étapes servira de base aux démarches subséquentes que l’OCCOQ entamera afin d’apporter sa contribution à l’élaboration du Plan d’action en santé mentale 2020-2025.

Les conseillers d’orientation (c.o.), des acteurs clés en santé mentale

La pratique en « Réadaptation et santé mentale » constitue l’un des cinq secteurs où travaillent les c.o. Ajoutons que, depuis 2012, la Loi modifiant le Code des professions et d’autres dispositions législatives dans le domaine de la santé mentale et des relations humaines (connue aussi sous le nom de « Projet de loi no 21 ») a établi une réserve d’activités à risque de préjudice pour les c.o., c’est-à-dire les quatre activités réservées (pour plus de détails, veuillez consulter le Guide d’application du projet de loi no 21) suivantes :

  • Évaluer, en orientation, une personne atteinte d’un trouble mental ou neuropsychologique attesté par un diagnostic ou par une évaluation effectuée par un professionnel habilité;
  • Évaluer, en orientation, un élève handicapé ou en difficulté d’adaptation (EHDA) dans le cadre de la détermination d’un plan d’intervention en application de la Loi sur l’instruction publique;
  • Évaluer le retard mental;
  • Évaluer les troubles mentaux (activité réservée aux c.o. ayant obtenu une attestation délivrée par l’OCCOQ).
La prévention au cœur de la pratique des c.o.

Qu’il y ait présence ou non de troubles mentaux chez les personnes qui consultent les c.o., l’intervention de ces derniers aura toujours pour objectifs le mieux-être personnel et professionnel ainsi que le développement et le maintien de stratégies actives d’adaptation.

Ainsi est-il possible de dire que les c.o. contribuent significativement à la prévention en santé mentale, entre autres grâce à la pratique de leurs activités réservées, mais aussi du fait qu’ils interviennent pour mobiliser le potentiel des jeunes, et des moins jeunes, dans le but de les aider à prendre leur place dans la société tout au long de la vie – et ce, en tenant compte des conditions de leur environnement.

Parmi les déterminants sociaux de la santé qui ont le plus d’incidence sur la santé mentale, on retrouve le revenu, la scolarisation, l’emploi et l’accès à des services (santé et services sociaux). Considérant que l’intervention de ses membres se situe au carrefour de ces déterminants, il va sans dire que l’OCCOQ représente un acteur essentiel à l’élaboration du Plan d’action en santé mentale 2020-2025.

Agir en amont pour une société en bonne santé mentale

Une approche préventive va de pair avec les notions de responsabilité collective, de santé publique et d’environnements favorables à une bonne santé mentale. Ce type d’approche est bien documenté par des organismes comme l’Institut national de santé publique du Québec, qui la résume parfois sous des questions de ce type : « Et si, tout en investissant pour offrir de meilleurs services à la population et en faciliter l’accès, on tentait d’améliorer les environnements dans lesquels on évolue, de façon à agir sur les causes de la souffrance ? »