L'Ordre des conseillères et conseillers d'orientation du Québec présente ses recommandations électorales 2026 pour agir en prévention
Alors que la campagne électorale 2026 bat son plein, l'Ordre des conseillères et conseillers d'orientation du Québec invite les formations politiques à faire de la prévention en santé mentale une priorité publique dans le réseau de l'éducation, dans celui de la santé et des services sociaux et dans le soutien à l'emploi.
Pour répondre aux besoins croissants de la population, l'Ordre recommande de mettre au premier plan la prévention en santé mentale et de mieux reconnaître la contribution des conseillères et conseillers d'orientation (c.o.) dans un continuum de services accessibles, adaptés à l’intensité de la problématique et centrés sur les besoins des jeunes, des adultes, ainsi que des travailleuses et travailleurs.
Devant l'augmentation des besoins psychosociaux et de santé mentale, le Québec doit dépasser l'approche médicale. Dans les écoles, les centres de formation professionnelle, les cégeps, les universités, les services de première ligne, les milieux de travail et les communautés, plusieurs personnes vivent de l'anxiété, de l'isolement, de l'épuisement, de la pression de performance, des choix d'études difficiles, des pertes d'emploi ou des transitions qui fragilisent leur équilibre psychologique. Entre l'inquiétude passagère et la détresse qui s'aggrave, il existe un espace d'intervention essentiel où des services d'orientation, d'accompagnement psychosocial et de soutien peuvent prévenir la détérioration de la santé mentale. Cet espace est celui du counseling thérapeutique[1].
« Investir en santé mentale, c'est agir avant que les situations ne se détériorent. Les conseillères et conseillers d'orientation sont déjà présents au cœur des parcours scolaires, professionnels et personnels. Leur expertise doit être mieux mobilisée dans les milieux de l'éducation, dans les services de première ligne et dans les équipes interdisciplinaires afin d'offrir le bon service, au bon moment, par le bon professionnel ou la bonne professionnelle », affirme la présidente de l'Ordre, madame Caroline Dufour, c.o.
Les recommandations de l'Ordre
- Faire de la prévention en santé mentale une priorité électorale explicite.
- Développer les modèles de soins adaptés à l'intensité des besoins des personnes pour offrir le service approprié en incluant le counseling thérapeutique.
- Renforcer l'accès aux services d'orientation dans le milieu de l'éducation et assurer un ratio permettant un accompagnement à celles et ceux qui en ont besoin.
- Réinvestir dans les services d’orientation dans les organismes communautaires et d'employabilité comme première ligne de proximité en santé mentale.
- Utiliser la pleine expertise des c.o. face aux enjeux liés à la santé mentale et reconnaître leur expertise en counseling thérapeutique.
- Poursuivre la modernisation du système professionnel pour assurer la protection du public, l'accès aux services en santé mentale et l’allègement réglementaire.
Agir en prévention dans le système de santé et services sociaux
L'accès aux services de première ligne doit être renforcé selon une approche graduée, en offrant des services rapides, accessibles et adaptés à l'intensité des besoins. Selon les chiffres de Santé Québec[2], près de 9 000 personnes étaient en attente de services en santé mentale en juillet dernier. Cette liste d'attente coûte cher en arrêts de travail et en décrochage scolaire. Faute de ressources suffisantes pour les soutenir au bon moment, de nombreuses personnes restent bloquées dans le système. Or, des solutions d'optimisation et d'innovation existent pour augmenter l'accès aux services. L'ajout de budgets et l'élargissement des pratiques ne peuvent, à eux seuls, répondre aux besoins lorsque les ressources professionnelles disponibles demeurent insuffisantes. C'est pourquoi l'OCCOQ propose d’agir tôt et d'utiliser pleinement les compétences des conseillères et conseillers d'orientation dans les trajectoires de soins pour éviter l’aggravation des difficultés en santé mentale.
C'est précisément dans cet espace d'intervention, entre le soutien ponctuel et les problématiques graves de santé mentale, que les conseillères et conseillers d'orientation peuvent contribuer davantage, grâce à leurs compétences en counseling thérapeutique et à leur compréhension globale des parcours de vie. Pourtant, leur apport demeure encore trop souvent freiné par des barrières administratives, législatives et de perception qui limitent leur pleine participation aux services de première ligne. Mieux reconnaître et utiliser cette expertise, c'est renforcer l'accès, agir plus tôt et offrir à la population des services mieux adaptés à une intensité variable de besoins.
Assurer un accès suffisant dans le réseau de l’éducation
La prévention en santé mentale va au-delà du traitement de la maladie. Dans les milieux scolaires, un accompagnement professionnel rapide peut soutenir l’autonomie, maintenir la participation scolaire et sociale, prévenir l’isolement et réduire la pression sur les services spécialisés.
Les choix d'études, les transitions scolaires, la pression de performance et les difficultés d'adaptation peuvent, faute d'accompagnement au bon moment, avoir des effets directs sur la santé mentale des élèves et des étudiantes et étudiants et mener au décrochage, à l'anxiété, à l'isolement ou à la détresse. Or il n'est pas rare qu'une conseillère ou un conseiller d'orientation soit seul pour 1 500, voire 2 000 élèves : l'accès aux services d'orientation et de counseling s'en trouve fortement limité.
Renforcer l’accès à ces services de proximité, c’est soutenir la réussite éducative, prévenir les ruptures de parcours et offrir aux jeunes un accompagnement avant que les difficultés ne s'installent et ne prennent toute la place. Le milieu de l'éducation est donc au cœur de cette prévention.
Soutenir la participation sociale et économique des travailleuses et des travailleurs
Pour plusieurs personnes, les organismes communautaires et d'employabilité constituent le premier lieu où elles demandent de l'aide lorsqu'elles vivent une perte d'emploi, une absence prolongée du marché du travail, des difficultés d'adaptation, de l'isolement, une transition professionnelle, de la précarité financière ou une détresse psychologique. L'accompagnement en orientation et en counseling thérapeutique réalisé par les c.o. permet à ces personnes de mieux comprendre leur situation, d'identifier leurs capacités, leurs besoins et leurs obstacles, puis de prendre des décisions réalistes et durables en matière de formation, d'emploi et de participation sociale. Or, l'accès aux services d'un conseiller et d'une conseillère d'orientation ne cesse de diminuer. Entre 2020 et 2025, les données colligées par l'OCCOQ dans ses rapports annuels ont permis d'observer que le nombre de professionnelles et de professionnels de l'orientation en employabilité a diminué de 27 %.
Valoriser la contribution des conseillers et conseillères d'orientation dans les milieux communautaires et de l'insertion socioprofessionnelle, c'est reconnaître que la santé mentale, l'emploi et la participation sociale sont étroitement liés. C'est aussi investir dans une première ligne de proximité qui contribue à la fois à une société plus juste, plus inclusive et plus productive, en permettant à chaque personne de recevoir le bon accompagnement avant que sa situation ne se détériore.
Prévenir la détresse psychologique et reconnaître pleinement la contribution des conseillères et conseillers d'orientation
La campagne électorale 2026 doit être l'occasion d'un engagement clair : investir dans des services accessibles, interdisciplinaires, adaptés à l'intensité des besoins et qui interviennent avant la détérioration de la santé mentale. Prévenir, c'est réduire les délais, soutenir les équipes en place, reconnaître les compétences disponibles et offrir à la population québécoise des réponses adaptées à ses besoins réels. Grâce à leurs compétences en counseling thérapeutique, les conseillères et conseillers d'orientation constituent une ressource professionnelle qui doit être davantage mobilisée dans le réseau public.
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[1] Relation d’aide, accompagnement et soutien adaptés à la santé mentale, distincts de la psychothérapie. Pour en savoir plus, consultez le document interordre Trouver la frontière entre les interventions de différents professionnels et la psychothérapie.
[2] Données tirées du Tableau de bord de Santé Québec, juillet 2026.