Pénurie de main-d’œuvre en orientation : un enjeu préoccupant pour la réussite, la persévérance et la santé mentale des jeunes
Les conditions actuelles d’exercice en éducation sont marquées par des compressions budgétaires importantes, une pénurie de personnel et une surcharge de travail. Les constats de l'Association des conseillères et conseillers d’orientation du collégial (ACOC) sur la situation des services d'orientation au collégial rejoignent les préoccupations de l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec quant à l'accès des personnes étudiantes à un accompagnement professionnel de qualité.
Les défis d’accès aux services d’orientation ont des conséquences réelles sur la difficultés à obtenir des rencontres, les délais prolongés et les interventions souvent tardives. Elle touche une population étudiante déjà aux prises avec des questionnements personnels, identitaires et scolaires, dans un contexte où les enjeux de santé mentale, notamment l’anxiété et la détresse psychologique, sont en croissance.
En fragilisant l’accès à un accompagnement préventif et structurant, la pénurie actuelle affaiblit les conditions favorables à la persévérance et au bien-être des jeunes et contribue à des abandons ou à des changements de programme qui entraînent aussi des coûts importants pour le système d’éducation.
Le rôle des conseillères et conseillers d’orientation est essentiel et hautement spécialisé tant sur le plan de l’orientation scolaire et professionnelle que sur celui du soutien à la motivation et à la santé mentale. Cet accompagnement favorise la connaissance de soi, soutient la persévérance et contribue directement à la réussite éducative et au bien-être des jeunes. En réduisant l’accès à ces services, on fragilise la capacité d’agir en amont, on retarde les interventions et on accentue les risques de désengagement et d’abandon, particulièrement chez les élèves les plus vulnérables.
Investir dans les services d’orientation, c’est donc renforcer l’efficacité de notre système d’éducation et assurer l’avenir du Québec, alors que les choix posés et la connaissance de soi développée durant la scolarité produisent des effets bien au-delà de celle-ci. Dans un contexte de parcours scolaires de plus en plus complexes et de pressions accrues sur les jeunes, l’accès à un accompagnement en orientation ne relève pas du luxe, mais d’un soutien essentiel au développement et à la réussite.
L’OCCOQ appelle donc les décideurs publics et les gestionnaires du réseau de l’éducation à reconnaître pleinement l’importance stratégique du travail des conseillères et conseillers d’orientation et à agir de manière concertée pour corriger la situation. Revoir les ratios, rétablir les postes supprimés et favoriser l’embauche de nouvelles ressources en orientation constituent des leviers essentiels afin de garantir à chaque élève un accès équitable à des services d’orientation de qualité, offerts au moment opportun.