Usage du titre et usurpation de titre
Par l'équipe de l'Ordre
Paru à l'origine dans le magazine L'orientation, vol. 15, no 2, automne 2025.
Après son nom ou dans le cadre de présentations, une personne peut utiliser un titre afin de se qualifier. Le titre peut représenter :
- un poste;
- une fonction;
- une certification;
- une qualification.
Les professionnels et professionnelles au Québec utilisent un titre afin d’expliciter une qualification et leuradhésion à un ordre professionnel.
Au Québec, l’usage du titre conseillère et conseiller d’orientation est réglementé et réservé conformément à l’article 36 du Code des professions. Les titres et abréviations suivantes sont réservées aux membres en règle détenteurs du permis de l’OCCOQ :

Tout autre titre ou abréviation qui peut laisser croire que lapersonne est conseiller ou conseillère d’orientation.
Quiconque utilise ces titres ou tout autre titre qui peut laisser croire qu’il est c.o. sans l’être s’expose à l’usurpation de titre étant donné que cela peut engendrer de la confusion chez la personne qui reçoit un service.
Toute personne qui déroge à cette règle s’expose à être poursuivie en justice pour exercice illégal ou pour usurpation de titre au Québec. Vous pouvez vérifier si une personne est membre de l’OCCOQ dans le Répertoire des membres.
L’Ordre et la protection du public
L’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec est l’organisme qui donne accès à l’utilisation de ces titres. Une personne doit être membre en règle et inscrite au tableau de l’Ordre pour les utiliser. Le rôle de l’OCCOQ est de surveiller l’usage du titre et d’agir afin de protéger le public en assurant que seules des personnes ayant les compétences nécessaires peuvent porter le titre. Le titre devient une garantie de compétence et de protection pour le public, qui peut ainsi avoir des recours en cas de services de mauvaise qualité.
Porter fièrement son titre professionnel
Conseillers et conseillères d’orientation
L’Ordre encourage les c.o. à utiliser le plus souvent possible le titre professionnel réservé à l’exercice de la profession (ou son abréviation lorsque c’est approprié)notamment pour :
- les signatures de courriel;
- les curriculum vitæ;
- les cartes professionnelles;
- les réseaux sociaux professionnels (ex. : LinkedIn);
- toutes les correspondances officielles.
Psychothérapeutes
Les membres de l’Ordre ayant le permis de psychothérapie doivent obligatoirement faire précéder leur titre de psychothérapeute par celui de c.o. :
- conseiller ou conseillère d’orientation, psychothérapeute;
- Guidance or Vocational Counsellor, Psychotherapist.
Candidats à l’exercice de la profession
Un étudiant au baccalauréat ou à la maîtrise en orientation n’est pas un membre de l’Ordre, même s’il est inscrit comme étudiant associé.
Il faut être titulaire d’un diplôme de maîtrise en orientation prévu au Règlement sur les diplômes délivrés par les établissements d’enseignement désignés qui donnent droit aux permis et aux certificats de spécialistes des ordres professionnelspour demander son inscription au tableau de l’Ordre et devenir membre puis porter le titre de c.o.
Le titre de « candidat à l’exercice de la profession de conseiller ou conseillère d’orientation » et l’abréviation cepco ou encore « stagiaire conseiller ou conseillèred’orientation » et l’abréviation s.c.o. désignent les candidats à la profession en stage afin de devenir c.o.
Au cours d’un stage, une étudiante ou un étudiant en orientation peut utiliser l’une des désignations suivantes:
- Prénom Nom, stagiaire conseiller d’orientation, s.c.o.;
- Prénom Nom, candidat à l’exercice de la profession de conseiller ou conseillère d’orientation, cepco.
Pour plus d’information, nous vous invitons à consulter la page Devenir étudiant associé.
Titres hors Québec et mobilité
Pour exercer la profession au Québec, il faut être membre de l’OCCOQ puisque l’encadrement des professions est de compétence provinciale.
À l’extérieur du Québec, les associations professionnelles attribuent des titres professionnels qui peuvent varier. Par exemple :
- les titres « Guidance Counsellor » ou « Registered Counsellor » sont utilisés dans les autres provinces canadiennes;
- le titre « Licensed Professional Counselor » est utilisé aux États-Unis.
En effet, le Code des professions interdit aux personnes reconnues par une association professionnelle située à l’extérieur du Québec d’exercer la profession au Québec ou de se présenter comme tel si elles ne sont pas également membres de l’OCCOQ. Toute personne qui déroge à cette règle s’expose à être poursuivie en justice pour exercice illégal ou pour usurpation de titre au Québec.
Titres des autres ordres professionnels
Un membre de l’Ordre peut se prévaloir d’autres titres professionnels dont il est titulaire. Exemples d’utilisation de différents titres :
- Prénom Nom, conseiller d’orientation et psychologue,c.o. psy.
- Prénom Nom, c.o., t.s.• Prénom Nom, c.o., Adm.A.
Titre de spécialiste et autres titres reconnus par l’Ordre
Aucune personne ne peut se qualifier de spécialiste si elle n’est pas titulaire d’un certificat de spécialiste correspondant à une classe de spécialité prévue par règlement pris en vertu du paragraphe (e) de l’article 94, ni agir de façon à donner lieu de croire qu’elle est spécialiste dans cette classe de spécialité si elle n’est pas titulaire du certificat de spécialiste approprié (Code des professions, art. 58).L’OCCOQ ne délivre pas de certificat de spécialiste. Par conséquent, il ne reconnaît aucun titre de spécialiste au sens du Code des professions.
Il est également d’usage commun que certains titres soient liés à des milieux de travail, des fonctions ou à des pratiques particulières des membres de l’OCCOQ. Le plus répandu d’entre eux — le titre de « conseiller d’orientation organisationnel » et son abréviation« c.o.o. » — désigne les c.o. qui travaillent en milieu organisationnel ou en pratique privée et dont les clients sont des organismes, personnes morales ou des sociétés. Le titre « conseiller d’orientation scolaire » est également utilisé dans certains milieux.
D’autres le sont parfois par les membres et réfèrent à une pratique liée à la santé mentale et à une intervention de nature plus clinique. Les membres ajoutent ainsi à la suite de leur titre professionnel « conseiller d’orientation » les précisions suivantes « en santé mentale »,« clinique » ou encore « thérapeutique ».
Titres qui peuvent engendrer une confusion
L’utilisation d’un titre de fonction qui ne comporte pas d’ambiguïté permet d’éviter des sanctions pénales liées à l’infraction de donner lieu de croire qu’une personne est autorisée à exercer la profession de c.o.
De façon à éviter toute confusion ou méprise, il est ainsi fortement recommandé à quiconque n’est pas inscrit au tableau de l’Ordre comme c.o. de ne pas faire usage d’un titre de fonction qui peut laisser supposer un exercice en orientation, tel que :

Tout organisme ou employeur doit également se conformer à ces règles lorsqu’il crée ou approuve un titre de fonction.
Grades universitaires à la suite du titre professionnel
Les personnes qui détiennent un diplôme comprenant les abréviations « M.A. » ou « M.Éd. » peuvent-elles utiliser cette abréviation à la suite de leur nom?
Il n’est pas nécessaire, pour un membre ou un candidat à la profession., d’ajouter le grade universitaire « M.A. »ou « M.Éd. » à son titre professionnel, car ce grade est un prérequis à l’obtention du titre professionnel.
D’autres grades universitaires peuvent néanmoins être inscrits à la suite du titre professionnel. Voici des exemples appropriés :
- Prénom Nom, c.c.o., D.Éd.;
- Prénom Nom, c.o., MBA.
À noter : Les c.o. qui détiennent un diplôme de doctorat en sciences de l’éducation ou de l’orientation ne peuvent pas utiliser le titre de « Docteur » ou son abréviation« Dr » ou « Dre » immédiatement avant son nom (Code des professions, art. 58.1).
Diplômes d’un programme de baccalauréat ou de maîtrise en orientation
Une personne qui complète un programme de baccalauréat ou de maîtrise menant au permis de l’Ordre ne devient pas automatiquement membre de l’Ordre et ne peut donc pas, à sa sortie de l’université, utiliser le titre de conseiller ou conseillère d’orientation. Pour devenir membre, une personne doit faire une demande d’admission, se faire délivrer un permis d’exercice et procéder annuellement à son inscription au tableau de l’Ordre.
Une personne pourrait-elle se présenter en indiquant« Baccalauréat en orientation » ou « Maîtrise en orientation » à la suite de son nom ? La réponse est nuancée : les personnes nouvellement diplômées en orientation quine sont pas membres de l’Ordre doivent faire preuve de prudence. En effet, le Code des professions mentionne que nul ne peut, à moins d’être membre de l’Ordre, utiliser quelque titre, désignation ou abréviation susceptible de laisser croire que l’exercice de la profession de c.o. lui est permis. Or, le public confond régulièrement l’abréviation du titre de « conseiller·ère d’orientation » et les grades universitaires de « baccalauréat en orientation »ou de « maîtrise en orientation ».
Il est possible, pour une personne qui détient un diplôme en orientation, d’utiliser cette abréviation à la suite de son nom, mais cela doit uniquement se faire dans un contexte qui ne laisse pas croire qu’elle est :
- membre de l’Ordre; ou,
- autorisée à exercer une activité professionnelle réservée aux c.o. au Québec.
Tout est une question de contexte
Par exemple, un client ou un fournisseur pourrait facilement croire que Marie Lehoux, maîtrise ou baccalauréat en orientation, conseillère de carrière, est conseillère d’orientation puisque cette dernière pratique dans un domaine lié à l’orientation.
À l’opposé, les clients de la propriétaire d’une entreprise de fleurs coupées ne seront pas portés à croire que la propriétaire de l’entreprise, Marie Lehoux, maîtrise en orientation, est c.o., puisque son emploi n’a rien à voir avec le domaine de l’orientation.
Ou encore, un client ou un fournisseur serait porté à croire que Katia Bell, counsellor, MA, est conseillère d’orientation puisque le titre de « counsellor » est interchangeable avec le titre de c.o. dans les milieux anglophones. D’autant plus s’il est jumelé à des services d’accompagnement et soutien psychologique à la suite de difficultés personnelles et professionnelles.
Toute personne qui contrevient à cette exigence s’expose à des procédures judiciaires pour usurpation de titre pour lesquelles des amendes pénales peuvent être réclamées.
Interventions en cas d’usurpation de titre
Les informations sur les possibles cas d’usurpation de titre sont envoyées à la secrétaire de l’Ordre, qui en fait la constatation, la vérification et le suivi.
Une approche par gradation des interventions est préconisée : lettre d’information ou de sensibilisation, lettre d’avertissement, avis formel avec engagement et poursuite pénale.
Les situations suivantes sont traitées par la secrétaire de l’Ordre :• offre d’emploi ou de stage;
- employeur qui laisse utiliser un titre réservé ou un titre qui laisse croire;
- ex-membre qui utilise un titre réservé ou un titre qui laisse croire;
- non-membre qui utilise un titre réservé ou un titre qui laisse croire. Les situations suivantes sont dirigées vers un tiers :
- un non-membre de l’OCCOQ qui utilise le titre de psychothérapeute est dirigé vers l’Ordre des psychologues du Québec;
- un membre d’un autre ordre professionnel qui utilise le titre de psychothérapeute est dirigé vers le bureau du syndic de son ordre professionnel;
- un membre de l’OCCOQ qui usurpe le titre de psychothérapeute ou qui n’indique pas son titre professionnel lié à son ordre d’appartenance est dirigé vers le bureau du syndic de l’Ordre.
Si vous êtes d’avis qu’une personne usurpe le titre professionnel de conseiller ou conseillère d’orientation, vous pouvez faire un signalement en communiquant avec l’Ordre via la page Nous joindre de notre site Web.