EXCLUSIF AU MAGAZINE EN LIGNEPenser le counseling : un cadre intégrateur pour comprendre la personne, les difficultés et le changement
Penser le counseling aujourd'hui
Qu’est-ce que le counseling ? Derrière cette question apparemment simple se cache une réalité professionnelle complexe. Le counseling s’appuie sur une longue tradition de recherche et de pratique, mais il s’est aussi diversifié au contact de multiples approches théoriques et de transformations sociales, culturelles et professionnelles importantes.
Les conseillères et conseillers d’orientation (c.o.) accompagnent aujourd’hui des personnes dont les parcours sont rarement linéaires. Transitions scolaires et professionnelles, changements de carrière, précarité, épuisement, quête de sens, enjeux identitaires, difficultés relationnelles et santé psychologique peuvent s’entrecroiser dans une même démarche. Comprendre ce que vit une personne suppose donc souvent de considérer simultanément plusieurs dimensions de son expérience (Savickas et coll., 2009).
Dans ce contexte, penser le counseling ne consiste pas seulement à choisir une approche théorique ou à maîtriser des techniques. Il s’agit de développer une manière cohérente de comprendre la personne, les difficultés qu’elle rencontre, ses ressources, ses relations, ses contextes de vie et les processus susceptibles de favoriser le changement.
C’est précisément cette pluralité qui fait à la fois la richesse et la difficulté du counseling contemporain. Comment mobiliser des perspectives différentes sans les opposer, les confondre ou simplement juxtaposer leurs techniques ? Comment conserver une cohérence dans notre manière de comprendre la personne et d’intervenir auprès d’elle ?
C’est pour répondre à ces questions que s’inscrit la proposition d’un cadre intégrateur du counseling : non pas une nouvelle théorie, mais un ensemble de repères permettant d’analyser, de comparer et de mettre en dialogue différentes perspectives afin de soutenir le raisonnement et le jugement professionnels.
Une pratique qui dépasse l'application de techniques
Une technique de counseling n’est jamais complètement neutre. Derrière toute intervention se trouve, explicitement ou implicitement, une certaine conception de la personne, des difficultés et du changement.
Lorsqu’une ou un c.o. invite une personne à examiner ses pensées, à explorer son histoire, à préciser ses valeurs, à observer ses relations ou à reconstruire la manière dont elle raconte son parcours, cette intervention repose sur certaines hypothèses. Qu’est-ce qui contribue à la difficulté ? Comment celle-ci se maintient-elle ? Qu’est-ce qui pourrait favoriser le changement ? Quel rôle revient à la personne accompagnée ? Quel rôle revient à la personne professionnelle ?
Autrement dit, nous intervenons toujours à partir d’une certaine manière de comprendre.
Les grandes approches du counseling proposent des angles de compréhension différents, parfois complémentaires, de ces questions. La psychodynamique-analytique met notamment en lumière l’histoire développementale, les processus inconscients et les expériences relationnelles ; les approches cognitivo-comportementales accordent une attention particulière aux apprentissages et aux processus cognitifs, émotionnels et comportementaux ; les approches humanistes-existentielles mettent au premier plan l’expérience subjective, la relation, les valeurs et la recherche de sens ; les approches systémiques-interactionnelles attirent notamment l’attention sur les relations, les interactions et les systèmes auxquels participe la personne.
Aucune de ces perspectives ne rend compte, à elle seule, de toute la complexité de l’expérience humaine(Norcross et Goldfried, 2019). L’enjeu devient alors moins de déterminer quelle théorie a raison que de reconnaître ce que chacune permet de voir, ce qu’elle privilégie et ce qu’elle risque de laisser dans l’ombre.
Si les approches théoriques nous offrent différentes lunettes pour comprendre la personne, encore faut-il disposer de repères permettant de comparer ce que chacune nous donne à voir. Plutôt que de commencer par leurs techniques, le cadre intégrateur propose donc de revenir aux grandes questions auxquelles toute approche du counseling doit répondre.
Six dimensions pour organiser le regard
Le cadre proposé (Goyer, 2026a) s’organise autour de six dimensions complémentaires, que l’on peut ramener à six questions fondamentales :
- Qui est la personne ? (conception de la personne) ;
- Comment comprendre ce qu’elle vit ? (compréhension des difficultés) ;
- Comment savons-nous ce que nous croyons savoir ? (conception de la connaissance) ;
- Comment intervenir ? (conception de l’intervention) ;
- Comment le changement devient-il possible ? (processus de changement) ;
- Vers quoi accompagnons-nous la personne ? (finalités du counseling).
La conception de la personne interroge notre manière de comprendre l’être humain. Quelle place accordons-nous à son histoire, à ses apprentissages, à son expérience subjective, à ses relations et à ses contextes ? Comment concevons-nous ses ressources, ses possibilités, sa liberté et sa capacité d’agir, mais aussi les contraintes auxquelles elle est confrontée ?
La compréhension des difficultés examine les processus susceptibles de contribuer à leur émergence ou à leur maintien. Selon les perspectives, l’attention pourra notamment porter sur les conflits internes et les expériences développementales, les apprentissages et les schémas cognitifs, l’expérience subjective et la perte de sens, les dynamiques relationnelles ou encore les conditions sociales et environnementales.
La conception de la connaissance pose une question moins souvent explicitée, mais essentielle : comment savons-nous ce que nous croyons savoir sur la personne ? Elle invite à considérer les connaissances scientifiques, l’observation et l’évaluation, mais également l’expérience subjective et intersubjective ainsi que le jugement professionnel mobilisé dans une situation singulière. Elle suppose aussi un regard réflexif sur la manière dont nos propres présupposés, expériences et préjugés orientent ce que nous remarquons et la façon dont nous l’interprétons.
La conception de l’intervention porte sur ce que fait la personne conseillère, sur sa posture et sur la manière dont s’articulent son expertise et celle de la personne accompagnée. Selon les approches, intervenir peut notamment signifier interpréter, enseigner, questionner, faciliter l’exploration, proposer des expériences, soutenir de nouveaux apprentissages ou ouvrir de nouvelles possibilités de compréhension et d’action.
Le processus de changement permet d’examiner comment chaque approche conçoit ce qui rend une transformation possible : prise de conscience, nouveaux apprentissages, expérience relationnelle différente, action, clarification des valeurs, modification des interactions ou reconstruction des significations.
Enfin, les finalités du counseling interrogent la direction de l’accompagnement : réduire une détresse, résoudre une difficulté, prendre une décision, traverser une transition, développer ses ressources, retrouver du sens, soutenir son bien-être ou accroître son pouvoir d’agir.
Ces six dimensions ne constituent pas une nouvelle approche théorique. Elles forment plutôt une grille de lecture permettant de rendre explicites les présupposés qui orientent notre compréhension et nos interventions.
Mettre les théories en dialogue plutôt que les opposer
Cette façon d’organiser le regard permet de déplacer la comparaison entre les approches. Plutôt que de les distinguer principalement à partir de leurs techniques, elle invite à examiner les conceptions qui les sous-tendent.
Trois personnes professionnelles pourraient ainsi poser une question apparemment semblable tout en cherchant à comprendre des dimensions différentes d’une même situation. L’une pourrait chercher à repérer une croyance qui contribue au maintien d’une difficulté; une autre, à explorer la signification subjective d’une expérience; une troisième, à comprendre comment cette expérience et les significations qui lui sont attribuées prennent forme dans les relations ou le contexte de vie de la personne. Ces perspectives ne sont pas nécessairement incompatibles : chacune rend certaines dimensions de la situation plus visibles et en laisse d’autres à l’arrière-plan.
Cette lecture permet également d’éviter deux écueils. Le premier serait de s’enfermer dans une seule théorie et de chercher à faire entrer toutes les situations dans le même cadre explicatif. Le second serait de tomber dans un éclectisme où des techniques provenant de différentes approches sont juxtaposées sans que leur cohérence soit véritablement examinée.
Intégrer ne signifie donc pas prendre un peu de tout. L’intégration suppose de comprendre ce que l’on mobilise, pourquoi on le mobilise et en quoi cette manière de comprendre ou d’intervenir est pertinente pour cette personne, dans cette situation et à ce moment de son parcours (Norcross et Goldfried, 2019).
Le cadre intégrateur devient ainsi moins une réponse qu’un outil de questionnement professionnel. Il ne dit pas au c.o. quoi penser ni quoi faire. Il l’aide plutôt à rendre explicite le raisonnement qui relie sa compréhension de la personne, sa conceptualisation de la difficulté, sa posture, ses interventions et les changements recherchés.
De nouvelles lunettes pour penser la personne en contexte
Mettre les théories en dialogue conduit aussi à reconnaître que notre manière de penser le counseling a elle-même évolué. Les approches classiques demeurent essentielles, mais des perspectives épistémologiques contemporaines nous invitent à interroger autrement la personne, la connaissance et les contextes dans lesquels les difficultés prennent forme. Ces perspectives ne constituent pas nécessairement de nouvelles approches du counseling. Elles modifient plutôt certaines des questions que nous posons aux théories et à nos propres pratiques.
Le constructivisme rappelle que les personnes participent activement à la construction du sens de leur expérience. Le constructionnisme social attire l’attention sur la manière dont les significations se construisent dans les relations et le langage (Gergen, 2009). Le poststructuralisme invite, quant à lui, à examiner les discours, les normes, les catégories et les rapports de pouvoir qui influencent ce qui est considéré comme normal, souhaitable ou problématique (White et Epston, 1990).
Prenons l’exemple d’une personne qui affirme : « À mon âge, je devrais déjà avoir trouvé ma voie. » Une lecture psychodynamique-analytique pourrait explorer l’histoire personnelle et relationnelle de cette attente, les idéaux intériorisés auxquels elle se rattache et les conflits qu’elle peut susciter. Une lecture cognitivo-comportementale pourrait examiner cette croyance, les règles ou exigences qu’elle traduit ainsi que leurs effets sur les émotions et les comportements. Une perspective humaniste-existentielle pourrait s’intéresser à ce que signifie, pour cette personne, vivre une existence qui lui ressemble et faire des choix cohérents avec ses valeurs. Une lecture systémique-interactionnelle pourrait examiner les attentes familiales, les relations et les interactions qui entourent ses choix. Une perspective constructiviste demanderait : comment cette personne construit-elle et organise-t-elle le sens de son parcours et de ce qu’elle vit ? Une perspective constructionniste sociale déplacerait le regard vers la manière dont les significations entourant l’âge, la réussite et la « bonne » trajectoire professionnelle se construisent dans les relations, le langage et les contextes sociaux. Enfin, une perspective poststructuraliste interrogerait : quels discours et rapports de pouvoir contribuent à définir ce qu’une trajectoire professionnelle devrait être, et quelles possibilités sont ainsi valorisées ou marginalisées ?
Aucune de ces questions n’annule les autres. Ensemble, elles permettent d’élargir la compréhension et de considérer davantage la personne en contexte, à l’intersection de son histoire, de ses processus psychologiques, de ses relations et des environnements sociaux, culturels et institutionnels dans lesquels elle évolue.
Une expertise qui devient aussi réflexive
La pluralité des perspectives ne diminue pas l’importance de l’expertise professionnelle. Elle en augmente plutôt les exigences. Plus nous disposons de modèles pour comprendre, plus nous devons être capables de réfléchir à la manière dont nous les utilisons.
Les c.o. doivent pouvoir mobiliser des connaissances scientifiques, des modèles théoriques, des compétences relationnelles et leur jugement professionnel. Mais cette expertise gagne également à devenir réflexive (Schön, 1983).
Qu’est-ce que mon cadre théorique me permet de voir ? Qu’est-ce qu’il risque de me faire moins voir ? Quelles hypothèses et quelles catégories suis-je en train de mobiliser ? Quelles autres compréhensions demeurent possibles ?
La réflexivité ne signifie ni renoncer à l’expertise ni considérer que toutes les interprétations se valent. La pratique professionnelle demeure fondée sur des connaissances, des compétences et des responsabilités éthiques et déontologiques. Elle rappelle plutôt qu’une théorie constitue un cadre permettant d’organiser notre compréhension de la réalité et non la réalité elle-même.
D’où une responsabilité professionnelle fondamentale : comprendre la personne sans la réduire au cadre utilisé pour la comprendre.
Vers une conception intégrée et transversale du counseling
Si nous changeons notre manière de penser le counseling, sa définition doit elle aussi pouvoir rendre compte de cette complexité. Cette préoccupation rejoint les efforts entrepris au Canada pour élaborer une conception suffisamment inclusive du counseling. L’Association canadienne de counseling et de psychothérapie (ACCP) le définit notamment comme un processus relationnel fondé sur l’usage éthique de compétences professionnelles visant à faciliter le changement humain. Sa définition englobe le bien-être, les relations interpersonnelles, la croissance personnelle, le développement de carrière, la santé mentale et la détresse psychologique, tout en reconnaissant la diversité des principes théoriques pouvant soutenir l’intervention (ACCP, 2011).
Une conception transversale du counseling doit ainsi pouvoir rendre compte de la diversité des enjeux et des contextes de pratique dans lesquels il peut être mobilisé — personnels, cliniques, scolaires, professionnels ou liés à la carrière — sans qu’elle soit rattachée exclusivement à une seule approche théorique.
Ce cheminement, nourri notamment par une recension des définitions du counseling publiées entre 2000 et 2025 (Goyer et Gourde, 2025), par cette conception canadienne du counseling et par une mise en dialogue des principales approches théoriques et perspectives épistémologiques, a progressivement conduit à formuler la conception intégrée et transversale du counseling. Voici un court résumé de la définition (Goyer, 2026b) :
Le counseling peut ainsi être envisagé comme une pratique professionnelle d’accompagnement psychologique, relationnel et psychosocial, fondée sur des valeurs de respect, de collaboration, d’autodétermination et de reconnaissance des ressources, des capacités et des possibilités de la personne. Il repose sur une relation éthique, confidentielle et structurée entre une personne professionnelle qualifiée et une personne, un couple, une famille ou un groupe.
S’appuyant sur des connaissances scientifiques, des modèles théoriques, le jugement professionnel et des compétences relationnelles, le counseling constitue un processus interactif et collaboratif de compréhension et de changement. Il vise notamment à favoriser la compréhension de soi et de sa situation, la mobilisation des ressources personnelles, relationnelles et environnementales, la résolution de problèmes, la prise de décision, l’adaptation aux transitions et aux défis de la vie ainsi que le développement du pouvoir d’agir, du bien-être et de la santé psychologique.
Selon son champ de pratique, le counseling peut accompagner des enjeux personnels, cliniques, scolaires, professionnels ou de carrière. Dans une perspective éducative, développementale, préventive et contextualisée, il soutient les processus de changement en tenant compte des interactions entre la personne et son environnement ainsi que des dimensions personnelles, relationnelles, sociales, culturelles et institutionnelles qui façonnent son expérience et son parcours.
Cette conception cherche ainsi à faire se tenir ensemble deux réalités fondamentales : la singularité de la personne, ses ressources et sa capacité d’agir, mais aussi les relations, les contextes et les conditions dans lesquels ses possibilités de compréhension, de choix et de changement prennent forme.
Du cadre intégrateur au leadership professionnel
Cette manière de penser le counseling soulève enfin une question qui dépasse la pratique individuelle : quelle contribution les c.o. souhaitent apporter à son développement ?
Le counseling fait partie intégrante de l’histoire de l’orientation au Québec. Dès le début des années soixante, il apparaît explicitement parmi les domaines associés à la formation en orientation. Dans une lettre adressée au recteur de l’Université Laval le 21 mars 1961, Wilfrid Éthier mentionne notamment le counseling parmi les domaines de formation des conseillers d’orientation (Éthier, 1961).
Ce repère historique témoigne de la place qu’occupait déjà le counseling dans la conception de la formation professionnelle en orientation au Québec. Au fil de l’évolution de la profession et de la diversification de ses champs de pratique, cette filiation avec le counseling est toutefois devenue moins explicite dans certains discours et certaines représentations de l’orientation.
Parler aujourd’hui de réappropriation ne signifie donc pas réintroduire une pratique qui aurait disparu, mais plutôt en rendre plus visible l’héritage et en réaffirmer la pertinence contemporaine. Il ne s’agit pas d’un retour nostalgique aux fondements de la profession, mais plutôt de l’actualisation d’une compétence historique.
L’orientation a développé une manière particulière d’articuler le développement de la personne, la construction identitaire, les transitions de vie, les choix scolaires et professionnels, le développement de carrière et la relation d’aide. Le counseling constitue l’un des espaces privilégiés où ces différentes dimensions peuvent se rencontrer.
Cette expertise paraît particulièrement pertinente alors que les trajectoires de vie, de formation et de travail se complexifient et que les questions d’identité, de sens, de santé psychologique, d’adaptation et de carrière s’entrecroisent davantage. La réappropriation et l’actualisation du counseling peuvent ainsi constituer un levier de leadership professionnel: non pas pour revendiquer un territoire, mais pour participer activement au développement des connaissances, des modèles et des pratiques, ainsi qu’à la recherche, à la formation et au dialogue interdisciplinaire.
Les c.o. ne sont donc pas uniquement des utilisateurs de modèles issus de différentes traditions. À partir de leur expertise, il est possible également de contribuer à concevoir, documenter, évaluer et transmettre de nouvelles manières de penser et de pratiquer le counseling.
Un tel leadership suppose une expertise théorique, scientifique, relationnelle et réflexive, exercée dans le respect des compétences professionnelles, des cadres légaux et des exigences déontologiques. Prendre appui sur l’héritage du counseling peut alors devenir une manière de participer à la construction du counseling de demain.
Penser le counseling pour mieux accompagner
Comprendre, relier, réfléchir : ces trois mouvements résument peut-être l’essentiel du cadre intégrateur proposé.
Comprendre, d’abord, parce que toute intervention repose sur une manière de concevoir la personne, ses difficultés et les processus susceptibles de favoriser le changement. Relier, ensuite, parce qu’aucune perspective ne peut rendre compte à elle seule de toute la complexité humaine et que différentes théories peuvent éclairer des dimensions complémentaires de l’expérience. Réfléchir, enfin, parce que l’expertise professionnelle suppose aussi de pouvoir interroger les cadres à partir desquels nous comprenons et intervenons.
Les six dimensions du cadre intégrateur offrent des repères pour soutenir ce travail. Elles ne cherchent ni à déterminer quelle approche serait la meilleure ni à réunir artificiellement des théories différentes. Elles invitent plutôt les c.o. à se demander non seulement « Que puis-je faire ? », mais d’abord « Comment suis-je en train de comprendre cette personne et sa situation ? »
Nos théories sont indispensables. Elles organisent notre regard, soutiennent notre raisonnement et orientent nos interventions. Mais aucune ne peut rendre compte, à elle seule, de toute la complexité d’une personne. L’enjeu consiste donc à savoir quelles lunettes théoriques nous portons, ce qu’elles nous permettent de voir et ce qu’elles risquent de laisser dans l’ombre.
Pour les c.o., cette réflexion possède également une portée collective. Le counseling constitue à la fois un héritage professionnel, une compétence à actualiser et un espace d’avenir. Le réinvestir ne signifie pas revendiquer un territoire, mais reconnaître la contribution que la profession peut apporter, aux côtés d’autres disciplines, au développement de pratiques d’accompagnement rigoureuses, humaines, contextualisées et adaptées aux réalités contemporaines.
Penser le counseling, c’est finalement mieux comprendre pour mieux accompagner. C’est aussi accepter de continuer à interroger nos modèles afin qu’ils demeurent au service des personnes plutôt que de chercher à faire entrer les personnes dans nos modèles.
C’est peut-être dans cette capacité à conjuguer rigueur théorique, réflexivité et ouverture que se trouve l’une des voies les plus prometteuses pour participer à la construction du counseling de demain.
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