​1. Explorer son histoire personnelle

Astuce : comprendre l’historique de l’athlète

Dès le début du processus, il est essentiel de cerner le parcours de la personne en l’invitant à raconter son histoire et à revenir sur son passé afin de bien comprendre les choix qui l’ont conduite à sa situation actuelle. Pour une étudiante ou un étudiant athlète, ce dialogue portera souvent sur son expérience sportive.

Bien que vous puissiez poser des questions sur ses intérêts ou ses motivations en dehors du sport, cela peut s’avérer déstabilisant pour des jeunes qui ont consacré la majeure partie de leur temps à leur discipline. Utilisez plutôt ce récit pour établir un lien de confiance et mieux comprendre leur personnalité. Cela leur permettra de bien ressentir leur compétence propre et de bien maîtriser le sujet abordé. Quelques questions utiles :

  • Comment as-tu commencé à pratiquer ce sport ? En as-tu essayé d’autres ? (Motivations internes et externes, spécialisation sportive, etc.)
  • Est-ce que tes proches pratiquent également un sport ? Comment te soutiennent-ils ? (Exploration du rôle de la famille et de la pression éventuelle.)
  • Comment as-tu concilié sport et études ? (Clarification de l’importance accordée à l’école et de la gestion des priorités.)
  • As-tu remarqué des influences dans le choix de ton sport ? Avais-tu des modèles à suivre ? (Influence dans les choix, aspirations. 

2. Favoriser la connaissance de soi

Astuce : partir de l’expérience sportive

Les athlètes ont souvent peu de temps pour explorer d’autres centres d’intérêt, mais leur pratique leur permet de développer une connaissance approfondie de leur personne. Au lieu de lancer le processus en explorant leurs divers intérêts potentiels, il peut être intéressant de partir de leur connaissance de soi en lien avec leur sport. Même si cette sphère est bien connue par les personnes sportives, il est fort probable qu’elles ne se soient jamais encore penchées sur ce qui explique leur attirance pour ce mode de vie. Le sport est une expérience riche, qui nous permet de faire ressortir plusieurs informations pertinentes sur soi. Le rôle des c.o. est d’offrir un espace d’introspection pour permettre à l’athlète de ralentir son mode de vie intense et chargé, pour ainsi se recentrer sur soi. Voici des questions pour approfondir cet aspect :

  • Qu’apprécies-tu le plus dans ton sport ? (L’adrénaline, l’esprit d’équipe, la stratégie, etc.)
  • Comment te décriraient tes coéquipières et coéquipiers ? Quel rôle joues-tu dans l’équipe ?
  • Peux-tu me parler d’un défi que tu as relevé cette année et de la manière dont tu l’as surmonté ?
  • Que fais-tu pour te motiver dans les pratiques plus difficiles ?
  • À quel moment retires-tu le plus de plaisir dans ton sport ?
  • Pratiquerais-tu ton sport s’il n’y avait pas le volet compétitif ?

3. Identifier ses préférences professionnelles

Astuce : faire des parallèles avec le sport

L’environnement d’entraînement peut révéler des indices sur les préférences professionnelles de l’individu. Il est souvent bénéfique d’aider les athlètes à identifier leurs tendances naturelles pour dresser une liste de critères de sélection. Si ces personnes sont en mesure de mettre le doigt sur ce qu’elles veulent retrouver ou non dans un emploi, cela leur permettra d’avoir un filtre devant les différentes occasions qui se présenteront. Par exemple :

  • Préfères-tu un entraînement structuré ou libre ?
  • Aimes-tu recevoir des retours immédiats ou globaux ?
  • Préférerais-tu un cadre prévisible ou flexible ?
  • Aimes-tu mieux t’entraîner le matin, le midi ou le soir ?
  • Ressens-tu plus de motivation pour le travail d’équipe ou le travail seul ?

4. Explorer les intérêts

Astuce : structurer l’exploration des intérêts

Les athlètes ont souvent peu d’occasions de prendre des décisions venant de soi, en raison de leur encadrement depuis un très jeune âge dans le milieu sportif. Dans la plupart des structures, l’entraîneuse ou l’entraîneur est le cerveau de l’opération alors que les athlètes exécutent. On les invite très peu souvent à prendre part au processus décisionnel. Ainsi, il peut être bénéfique de commencer par éliminer des options, et le recours à des outils structurés (comme des listes à cocher) peut faciliter la discussion. Par exemple :

  • En regardant ces grandes sphères (p. ex., Cléo), est-ce qu’il y en aurait que tu enlèverais comme option ?
  • Classe ces options par ordre de préférence. Quels critères utilises-tu ?

Conclusion : mettre en valeur les compétences transférables

Enfin, il est essentiel d’aider les athlètes à reconnaître leurs compétences développées dans le sport et à envisager comment elles peuvent être mises à profit dans d’autres contextes. Les athlètes avec qui on discute ont souvent tendance à banaliser les acquis du monde sportif en raison de leur entourage : des personnes qui ont des réalités semblables aux leurs dans leur quotidien. Ainsi, la prise de conscience des compétences transférables est un levier de taille pour faire augmenter la confiance à se lancer dans d’autres projets. Cela les outille également pour mieux se vendre à des employeurs potentiels, en mettant en valeur leurs atouts. Des questions comme celles-ci peuvent s’avérer éclairantes :

  • Quelles caractéristiques de ta carrière sportive aimerais-tu retrouver dans ton futur emploi ?
  • Quelles compétences penses-tu pouvoir utiliser en dehors du sport ?
  • Qu’est-ce qui démarque les athlètes des autres candidates et candidats dans une entrevue d’embauche ?
  • Si nous demandions à tes coéquipières ou coéquipiers de faire ressortir tes forces, lesquelles seraient-elles citées ?

Ces échanges permettent à l’athlète de valoriser son expérience et de mieux se projeter dans son avenir professionnel. Ils l’amènent également à sortir du « pilote automatique » et à prendre un temps pour donner ou redonner un sens au sport. Parfois, l’individu peut poursuivre sa pratique sportive par habitude ou même par crainte de ne pas avoir les compétences pour pouvoir accomplir autre chose. L’exploration en profondeur des valeurs, motivations, intérêts, compétences et préférences dans le monde sportif pousse les personnes de faire le point sur leur situation. Ces informations leur permettent ensuite de reconnaître les éléments à modifier pour améliorer leur expérience sportive et de se sentir mieux outillées quand viendra le temps de focaliser leur attention sur d’autres projets. Le sport de compétition est bien plus qu’une activité physique : c’est un levier puissant pour le développement personnel et l’exploration de nouveaux horizons professionnels.

Références

JOHNSON, D.A. et R.H. BENHAM. 2020. « What teens need from sport programs: Educational athletics by transformational coaches ». Strategies, vol. 34, no 1, pp. 3-8.

SARKAR, M. et A.E. PAGE. 2020. « Developing individual and team resilience in elite sport: Research to practice ». Journal of Sport Psychology in Action, vol. 13, no 1, pp. 40-53.

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