Dépôt de mémoire sur la formation professionnelle

Nouvelles  |  14 mars 2018

« La valorisation de la formation professionnelle ne peut pas faire l’économie de l’identification d’un projet professionnel pour la personne et d’un accompagnement soutenu dans son cheminement vers son intégration sur le marché du travail », affirme la présidente de l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec, Josée Landry, c.o. Il s’agit d’une des recommandations formulées par l’Ordre dans le mémoire sur la formation professionnelle, soumit le 9 mars 2018 au ministère de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Science (MEES), dans le cadre d’une consultation intitulée, Bâtir ensemble la formation professionnelle du 21e siècle.

Améliorer l’accessibilité aux services d’orientation

Parmi les sujets de réflexion proposés, l’Ordre a choisi de mettre l’accent sur quelques points qui l’interpellent particulièrement en vertu de son mandat de protection du public, dont une meilleure accessibilité aux services d’orientation. À cet effet,  l’Ordre s’est engagé depuis quelques années dans une vaste opération visant la planification des services d’orientation dans les écoles, en se fondant sur un portrait détaillé de la clientèle et de l’utilisation optimale des ressources. Une formation à cet effet a été développée par l’Ordre et proposée aux commissions scolaires (CS) afin que les élèves, qui en ont besoin, reçoivent des services d’orientation. Par exemple, un document du MEES nous indique qu’en formation professionnelle (FP), une moyenne de 36 % des élèves est issue de milieux défavorisés, et qu’on estime à 36 % l’augmentation du nombre d’élèves reconnus comme handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA). Le MEES demande si ont doit renforcer les services éducatifs complémentaires en FP afin de faciliter l’attraction et la rétention des élèves. Avec ce portrait de la clientèle, même incomplet, on répond oui, c’est primordial. On parle ici de l’éducation des adultes où les services complémentaires sont presque inexistants. Les élèves doivent être accompagnés pour affronter leurs difficultés et persévérer jusqu’à l’obtention de leur diplôme.

Une compétence du 21e  siècle : la connaissance de soi

On nous demande de réfléchir aux compétences du 21ième siècle. Certains chercheurs nomment l’importance de la connaissance de soi. Ce savoir permet de développer la compétence à s’orienter qui devient très importante dans une société de mobilité, qui nous annonce déjà la disparition et l’apparition de nombreux métiers (succession d’emploi/succession de transition pour les individus). La connaissance de soi permet de savoir sur quoi miser pour se diriger. En conséquence, faire mieux connaître la reconnaissance des acquis et des compétences (RAC) au public, aux employeurs et aux travailleurs devient une priorité car, dans les périodes de transition, les individus pourront opter pour la RAC afin d’accéder à d’autres emplois.

Promotion de la formation professionnelle

L’Ordre estime que les organisations et les enseignants auraient intérêt à mieux connaître les métiers de la FP, et le gouvernement à mieux connaître les politiques d’embauche des entreprises. Valorisent-elles davantage le DES que le DEP ? Quand il s’agit de recruter un concierge, le détenteur de DES est-il privilégier face à un détenteur du DEP en entretien général d’immeubles, pourtant beaucoup plus qualifié ? Aussi, en ce qui concerne la proposition de permettre aux élèves de faire un DES en même temps que le DEP, l’avenue est intéressante (il ne manque que trois cours pour obtenir le DES).  Toutefois, il faut faire attention aux effets pervers. Pour certains élèves ce sera difficile, voire une cause d’échec. Par la suite, est-ce que les entreprises vont préférer embaucher un détenteur de DEP/DES plutôt qu’un DEP pour la même qualification ? Ce serait une autre façon de disqualifier le DEP.

Nous vous invitons à lire le mémoire dans lequel vous trouverez l’analyse et les recommandations de l’OCCOQ.